Agir en responsabilité face au dérèglement social
"Nous vivons une époque charnière. Une ère où les conflits ne sont plus seulement géopolitiques ou économiques, mais profondément relationnels.
Cette époque est celle de la mondialisation qui ne se résume plus à des flux de capitaux et d’échanges commerciaux, ni à des ambitions de découvertes et de conquêtes, mais à la circulation massive de représentations, de technologies intrusives avec des modèles d’organisation et de communication.
Certes, les tensions entre les groupes humains ont toujours été d’abord les conséquences de difficultés interpersonnelles entre ceux qui ont exercé les pouvoirs sur des populations. La mésentente, l’envie, les jalousies, les peurs, les frustrations, les rancunes jouent autant dans toutes les formes de voisinage, qu’il s’agisse de territoire ou de terrain, de concurrence ou de relations intimes.
Mais à notre époque, il ne s’agit plus simplement de survivre ou de coexister, ni de piloter les effondrements économiques et les affrontements de personnes sur les terrains politiques ou juridiques mais d’apprendre à réfléchir, d’apprendre l’usage de la raison, d’apprendre à s’entendre.
Nous pouvons faire du XXIème siècle, le siècle de l’entente. Cette entente n’est ni fusionnelle, ni normative, ni moralisatrice. Elle n’est pas l’unanimité. Elle n’exige ni conversion, ni domination, ni reddition. Elle repose sur un principe fondateur : l’ajustement relationnel. Et pour cela, un outil central s’impose : la médiation professionnelle, fondée sur une ingénierie systémique relationnelle."
Jean-Louis LASCOUX
initiateur de la profession de médiateur, président du CREISIR, fondateur de l’école professionnelle de la médiation et de la négociation

